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Croissance de la production porcine
Les mégaporcheries sont en train de gagner du terrain au détriment des entreprises familiales.
Faux. Au sens strict du terme, le préfixe « méga » signifie « un million de ». Or, au Québec, 90 % des fermes porcines comptent 2 500 porcs et moins. La production porcine québécoise est constituée principalement d'entreprises familiales, qui ont pu conserver une dimension humaine.
À titre de comparaison, les fermes porcines du Québec comptent en moyenne 250 truies et 1 800 porcs à l'engraissement. En Caroline du Nord, une ferme porcine moyenne compte 2 000 truies et 15 000 porcs à l'engraissement, soit presque 10 fois plus de porcs qu'une ferme porcine québécoise.
Il y a plus de porcs que d'êtres humains au Québec.
Faux. Au Québec, en 2001, on a produit un total de sept millions de porcs. Cela ne veut pas dire qu'il y a plus de porcs que d'êtres humains au Québec. Au contraire, on compte environ 3,7 millions de porcs en inventaire. En d'autres mots, seulement 3,7 millions de porcs sont présents en permanence sur le territoire québécois.
La production porcine croît à un rythme effréné.
Depuis dix ans, la production porcine a augmenté en moyenne de 4 à 5 % par année au Québec, l'équivalent d'environ 200 000 porcs par année. De 1999 à 2004, le taux de croissance est passé à 3 %. Ce rythme permet de répondre à l'augmentation de la demande tout en restant concurrentiel. En 2005, la production a diminué de 6 % et l'année 2006 connaîtra encore une baisse de la production. Le Québec a déjà perdu son 1er rang au Canada.
L'objectif de doubler la valeur des exportations de viande de porc équivaut à doubler la production.
Faux. Doubler les exportations ne signifie pas doubler la production, puisque les exportations ne représentent que 50 % de l'ensemble de la production. Entre 1998 et 2000, la valeur des exportations est passée de 460 à 650 M$ environ, soit une hausse de 42 %.
Protection de l'environnement
Peu d'actions sont entreprises pour remédier au problème de surfertilisation des sols.
Dans certaines régions, les sols présentent effectivement des surplus de phosphore et d'azote, et doivent faire l'objet de plans d'action intégrés. Par contre, plusieurs interventions prévues dans le Plan agroenvironnemental de la production porcine donnent aujourd'hui des résultats probants. Par exemple, des modifications apportées à l'alimentation des porcs ont permis de réduire de 30 % les rejets en azote et de 40 % les rejets en phosphore. De plus, au Québec, toutes les superficies cultivées doivent avoir un plan de fertilisation. Ce dernier permet de nourrir les sols en fonction du besoin des cultures.
La production porcine engendre des risques de contamination de la nappe souterraine.
De nos jours, 100 % du cheptel est relié à une structure étanche d'entreposage du lisier et 100 % des champs sont cultivés avec un plan agroenvironnemental de fertilisation. Les principales mesures sont donc prises afin d'éviter la contamination de la nappe souterraine.
Il est impossible de réduire les odeurs associées à la production porcine.
Faux. Il est possible de réduire les odeurs et les producteurs ont déjà mis en place plusieurs mesures en ce sens. L'utilisation d'une rampe basse d'épandage et l'incorporation du lisier dans les 24 heures suivant l'épandage figurent parmi les principales pratiques qui permettent de diminuer les odeurs incommodantes. Par ailleurs, la mise en place de certaines structures - comme une toiture sur la fosse à lisier ou un écran boisé autour de la ferme - constitue également un moyen de réduire les odeurs. Ces mesures sont prévues dans le Plan agroenvironnemental, et le nombre de fermes porcines qui les appliquent va en croissant. Aujourd'hui, l'utilisation d'une rampe basse d'épandage est obligatoire pour le lisier de porc.
Santé publique et salubrité alimentaire
La viande de porc doit se consommer très cuite.
Vous l'aimez rosée ? Tant mieux, car il est inutile de cuire la viande de porc trop longtemps. Aujourd'hui, le porc du Québec - à l'exception de la viande hachée - peut sans aucun problème se consommer légèrement rosé, soit à une température interne de 70°C. La consigne de faire cuire longuement la viande de porc date d'une période révolue, du temps où les porcs étaient élevés au grand air, en contact avec des animaux sauvages et nourris de déchets de cuisine et d'abattoirs. L'amélioration de l'alimentation du porc et des conditions d'élevage fait en sorte que le cheptel québécois est de nos jours exempt de trichine, un parasite microscopique transmissible à l'homme.
Les porcs québécois peuvent être porteurs de la bactérie E-Coli.
Contrairement à certaines rumeurs alarmistes circulant dans les médias, la bactérie Escherichia coli 0157 : H7 ne semble pas constituer une source de préoccupation chez le porc. Cette bactérie responsable de la contamination à Walkerton en Ontario et de la maladie du hamburger est présente dans le système digestif des bovins, mais elle apparaît au contraire très rarement chez le porc dans les élevages spécialisés. Ainsi, des enquêtes menées en Amérique du Nord et en Europe n'ont permis d'identifer le germe chez les porcs ou dans la viande de porc que dans des cas exceptionnels. Plus particulièrement au Québec, une vaste enquête menée en 1999 dans 230 troupeaux et sur plus de 5 500 porcs n'a pas permis de mettre en évidence la bactérie.
Il existe des risques de fièvre aphteuse au Québec dans le cheptel porcin.
Faux. Le porc québécois est exempt de cette maladie, qui ne se transmet d'ailleurs pas à l'homme. Par ailleurs, avec la mise au point d'un système de traçabilité de la ferme à la table, il sera possible de prévenir la propagation de ce type de maladies.
On administre trop d'antibiotiques aux porcs.
Les antimicrobiens sont essentiels pour lutter contre les maladies infectieuses. Toutefois, des études sont en cours dans le but de déterminer s'il serait préférable de cesser de les utiliser pour prévenir les maladies ou pour favoriser la croissance. De plus, pour des raisons économiques, les producteurs de porcs ont intérêt à les utiliser de façon judicieuse.
Les porcs sont sur-médicamentés.
Non. Au Québec, il est obligatoire d'obtenir une prescription d'un vétérinaire avant d'administrer un médicament à un porc. Un registre des médicaments donnés à l'animal doit également être tenu de façon régulière. De plus, une période de retrait doit être respectée avant que l'animal ne soit abattu afin qu'il n'y ait plus de trace de résidu de médicaments dans le corps de l'animal.
Conditions d'élevage
Les porcs sont castrés.
Oui, c'est vrai. Si les porcs n'étaient pas castrés, leur viande aurait un goût d'urine. Les porcelets sont donc castrés quand ils sont âgés de trois jours environ. Peu de temps après l'intervention, qui prend quelques secondes, le porcelet retourne à la tétée et s'endort. On leur coupe également la queue, car les porcs se la mordillent entre eux, engendrant ainsi blessures et infections.
On maltraite les animaux en les mettant dans des cages.
Les cages empêchent la truie d'écraser les porcelets. Ces cages, par ailleurs, comportent une zone chauffée pour assurer le bien-être des porcelets. Les pratiques d'élevage modernes prennent soin de limiter le nombre de porcs dans un espace donné afin d'assurer le bien-être animal. Des cages sont aussi utilisées dans le cas de la gestation. Bien que cette pratique soit remise en question, ces cages ont pour but d'éviter les avortements, car les truies en groupe peuvent se blesser entre elles. Les cages permettent également une alimentation individuelle et une mobilité des truies et diminuent grandement le stress de celles-ci.
On maltraite les porcs en les gardant à l'intérieur.
C'est afin d'assurer la santé publique et la salubrité alimentaire que les porcs sont élevés à l'intérieur dans un environnement contrôlé. Élevés à l'extérieur, les porcs pourraient entrer en contact avec des animaux sauvages potentiellement porteurs de maladies transmissibles. Il est ainsi plus difficile de veiller à la bonne santé du cheptel et conséquemment à la santé publique. Du temps qu'ils étaient élevés au grand air, et qu'ils étaient nourris de déchets de cuisine et d'abattoirs, certains porcs pouvaient être infectés par la trichine, ce parasite microscopique transmissible à l'homme et responsable de maux divers : diarrhées, nausées, fièvres, douleurs musculaires, etc. D'où d'ailleurs, à l'époque, la consigne de faire cuire longuement la viande de porc. Aujourd'hui, avec l'amélioration de l'alimentation du porc et des conditions d'élevage, ce problème n'existe plus.
Soutien gouvernemental
La production porcine est fortement subventionnée par le gouvernement.
Le soutien gouvernemental à la production porcine est minimal : le revenu des producteurs provient à 95 % du marché. Cependant, il existe un programme de sécurité des revenus qui entre en jeu lorsque le prix du porc baisse sur les marchés. Pour chaque dollar versé par les producteurs, le gouvernement en verse deux. Au contraire, lorsque le prix du porc est à la hausse, les producteurs cotisent au programme et ne reçoivent pas de prestations.
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